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Titre du blog : Amour, Drogue et Rock n' Roll
Auteur : laplumenoire
Date de création : 22-02-2009
 
posté le 21-06-2009 à 16:15:27

Chapitre 9: Manque douloureux

Kabinette Der Sinne, Lacrimosa 

 

 

A peine Nina s'est elle allongée sur le lit qu'elle part dans un profond sommeil. Tous ces événements, ces confidences et la foule lui étaient montés à la tête. Une grosse migraine s'est formée au niveau de son front. Une bonne sieste lui fera le plus grand bien.


Elle vient juste de fermer la porte de chez « elle ». elle a besoin de repos, ce qui est compréhensible. Tant qu'à faire, autant sortir un peu au lieu de rester renfermer dans l'appart.

Bill ressort donc dans la cour où est garé sa voiture direction: les centres commerciaux.


Les blousons de cuir, les slims en jeans ou même les bijoux n'arrivent pas à distraire Bill. Lui qui pourtant est toujours comme un gamin dans un magasin de jouets à la période de Noël, il n'arrive pas s'enlever de la tête ce qui s'était passé la matin même. Ce peut-il que les révélations de Nina le tracassent tant? Après tout, ce serait logique.. Apprendre qu'elle se drogue depuis l'âge de 14 ans, ça fait un coup quand même!

Cette révélation, c'est comme irréel, ça n'arrive que dans des films. Alors, quand la réalité dépasse la fiction, ça déstabilise.

Autant ne pas traîner dans cet endroit. Autant rentrer à la maison, de plus il commence à se faire tard... les autres vont s'inquiéter.


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Ellipse de quelques heures...


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23h30. C'est l'heure à laquelle Nina « ose » enfin regardé l'heure sur son portable. Car depuis une bonne dizaine de minutes, elle ne fait que trembler, elle a chaud, elle a froid, les symptômes d'une grippe... Elle sait pertinemment que ce n'est pas une maladie qu'elle a attrapé, mais une dépendance... Sa dépendance à l'héro se fait ressentir, ce soir à 23h30... Elle a déjà eut des crises, comme celle-là, mais jamais d'aussi violente. A chaque fois, elle les calmait avec un peu de drogue, et hop! Finis! Mais plus les secondes, les minutes passent plus les tremblements deviennent intenses, sa transpiration augmente... Elle commence à avoir mal aux muscles, aux os... Bill, que fais-tu?


Bill, justement, n'arrive pas à trouver le sommeil lui non plus. Son portable affiche 23h35. Son corps, son esprit sentent que quelque chose ne va pas, comme un pressentiment...

Quand son frère ne va pas bien, lui même ressent le même sentiment. Avec la peur que son frère ne se sente pas bien, Bill décide de se lever enfin de son lit. Malgré que sous ses couvertures, il crevait de chaud, là, des sueurs froides partent de ses jambes pour remonter jusqu'à son torse et sa nuque. Il ramasse son vieux slim en jean blanc qu'il porte depuis la veille, qu'il a abandonné depuis quelques heures, l'enfilant à nouveau. Restant torse nu, il se dirige vers la porte crème qui ouvre sur la salle de bain commune aux quatre colocataires. Une salle de bain simple, équipé d'une petite douche d'un lavabo et de toilettes. Un peu comme la salle d'eau de Nina, en moins « kitch ». On voit bien que cette salle de bain ainsi que le reste de l'appart, et probablement de l'immeuble ont été retapé. Nouvelle mode, nouvelle déco, nouvelle vie. En deux enjambées, le chanteur se retrouve devant la porte blanc cassé, là où son frère est peut-être en train de souffrir.


Il ouvre la porte, doucement... Pour constater son jumeau sur son lit, les dreads détachées et ronflant du tonnerre. Ce n'était qu'une appréhension ridicule. Son frère dort comme un bébé, et sans soucis... Contrairement à lui.

L'odeur des Gauloises dans la chambre de son frère est vraiment pesante, elle donne même envi à Bill de s'en griller une... Cette odeur de nicotine, on n'y résiste pas . Lui qui pourtant n'apprécie pas trop les Gauloises... Il préfère de loin les Malboro...

Peu importe, il faut qu'il sorte fumer une cigarette, que son stress redescende.


Il respire profondément l'air frais, perché sur le balcon de sa chambre tout en tâtant sa poche droite, gauche, et sorte son paquet de Malboro. Il prend une cigarette, l'a porte à sa bouche l'allume, et profite de la nicotine intense que lui apporte cette cigarette.

Une bonne bonne bouffée de goudron, de monoxyde de carbone et autres saloperies aux noms scientifiques dont lui-même ignore l'existence, lui il en est accro. En faite, il est comme Nina. C'est un junkie.

Tous les fumeurs, tous les alcoolos sont des junkies. Et pourtant même ces gens-là voient d'un mauvais oeil les toxicos... Pauvres ignorants!

« Bill? »

Retournant précipitamment la tête vers son interlocuteur qu'il pensait être son frère, il aperçoit une tête blonde aux cheveux courts et en bataille, une paire de lunettes noire posée sur le nez. Ce n'est que son ami de longue date, Gustav, qui lui non plus ne trouve pas le sommeil.

« Qu'est ce que tu as?

-Oh rien, je n'arrivais pas à dormir, c'est tout.

-Comment ça se fait que tu es entré dans notre chambre, alors? »

Il faut savoir que faute de place et de chambres, les quatre garçons devaient faire des concessions. Ainsi, n'ayant que trois chambres, ils changeaient régulièrement de chambres et se retrouvaient seul ou à deux dans une chambre. Ce coup-ci, Gustav dormait dans la même chambre que Tom:

« Excuse-moi de t'avoir réveillé...

-Oh, tu ne m'as pas réveillé, moi non plus je n'arrive pas à dormir. Cette chaleur! On se croirait en Espagne au mois de Juillet! »

La tête blonde s'approche de son grand ami, et s'accoude sur la barre du balcon.

« C'est ton tatouage qui te titille, petite nature? »

Il n'avait même pas pensé à ça. Son quatrième tatouage, tatoué sur le côté gauche de son buste, parfois lui fait mal, en effet. Son pansement assez imposant fait plus penser à une blessure de guerre qu'à un tatouage.

Sa cigarette entre ses doigts fins continue de se consumer doucement, sans qu'il l'a porte à ses lèvres.



***

 


Assise sur son lit, la tête entre les mains, essayant à se que ces tremblements cessent enfin, Nina tente de se calmer.

Soudain, elle a soif. Très soif. malgré ces crampes à l'estomac et ses tremblements intenses, elle ne lâche pas prise, elle se lève tout doucement, comme pour évaluer si ses jambes peuvent encore la porter.

Le miracle se produit et elle reste debout. Un pas, un autre, puis encore un autre... Mais elle n'arrive pas à faire le quatrième.


Elle s'effondre, comme le comédien Français de la Renaissance sur sa scène chérie. Ses jambes l'ont lâchée à jamais avec comme adieu ses douleurs atroces de crampes. Ces crampes deviennent de plus en plus forts, à leurs tours, ses jambes tremblent. Elle n'a pas mériter ça... Ou peut-être que si. Peut-être que le Diable se moque d'elle, en la voyant aussi pitoyable.

Les cris de détresse et de souffrances sortent de sa bouche, les larmes chaudes coulent en abondance sur ses joues.

Elle souffre horriblement:

« Bill... Aide-moi... »



***

 



« Qu'est ce qui te tracasse tant alors?

-Je dois t'avouer que je n'en sais rien.

-Tu sais Bill, je ne te force pas, mais tu sais que si tu as besoin... »

Gustav est un véritable ami, Bill le sait bien... Mais mieux ne vaut-il pas lui parler de Nina tout de suite... Nina?!

Mais c'est vrai! Si ça se trouve, ce sentiment de mal-être n'était pas destiné à son frère mais à...

« Ne bouge pas d'ici, Gus, je... Il faut que je sorte je reviens tout de suite!

-Quoi, mais pour... »

Le pauvre batteur reste dans l'incompréhension totale, tandis que Bill, chopant un T-shirt au passage et l'enfilant à la va-vite, sort en trompe de sa chambre, fonçant dans le couloir et ouvrant la porte à la volée. Peu importe s'il réveille les autres Nina est peut-être en danger.


Après son appart, le voilà qui dévale les escaliers quatre à quatre quitte à se casser une jambe. la hall d'entrée se trouve enfin devant lui. il n'est plus très loin, maintenant. Encore quelques marches, et la vieille porte se trouve enfin devant ses yeux. Enfin.

Il colle son oreille contre la porte, et entend les plaintes de douleurs de Nina. Forcément, il a oublié ses clés. Quel con!

« Nina!!! Répond-moi, Nina ouvre-moi!!! »


Sa prière est enfin exhaussée... Le bonheur s'envahit d'elle, lui faisant oublier pendant quelques secondes ses courbatures extrêmement douloureuses et ses tremblements intenses.

Les crampes rendent prisonnières les jambes de Nina, ne peuvent l'emmener jusqu'à la porte. De nouveau, elle s'affole, ses membres lui faisant deux fois plus mal. Elle arrive à retrouver sa voix:

« Je ne peux pas... J'ai trop mal... »

Comprenant que la situation est grave, Bill cherche une situation miracle pour pouvoir aider son amie. Il n'y a aucune fenêtre dans la petite cave, la seule manière de rentrer et la porte. Sans les clés, c'est impossible de renter. Pas le choix:

« Gus? »

Le garçon blond passe la tête au dessus des escaliers, tout en bas, se trouve son ami, la peur règne sur son visage:

« Qui y a t-il?

-J'ai besoin de toi. »



***

 



« Hôpital Wilhelmsburger Krankenhaus, j'écoute?

-Bonsoir Madame... J'aurais besoin d'un médecin en urgence... J'ai une amie qui se sent très mal.

-De quoi souffre t-elle? »

Gustav, le portable collé à l'oreille, observe comment se sent Nina... Pas très bien en faite, depuis tout à l'heure. Il est encore un peu choqué par sa présence. Lorsqu'il est arrivé avec le trousseau de clé que Bill lui avait demandé, et qu'il découvrit cette jeune fille fragile, en sueur et tremblante comme une feuille, jamais il n'aurait imaginé qu'une droguée se trouvait dans la cave de leur immeuble. De suite, Bill lui avait tout raconté. Tout en aidant la jeune fille, voyant si elle allait bien, si elle était encore consciente, il lui avait expliqué comment il l'avait connu et qui elle était.

Depuis 5 bonnes minutes, elle est au dessus de la cuvette de ses toilettes en train de vomir. Bill à ses côtés la retient par les épaules en lui frottant le dos, pour lui apporter un soutien.

« Comment elle va?

-Elle continue de trembler et maintenant, elle vomit du sang »

Le jeune homme fait donc la liste des symptômes au téléphone de ce que Bill venait de lui dire, la secrétaire médicale lui promet de lui envoyer un médecin urgentiste dans le quart d'heure suivant. Il donne l'adresse, où un garde du corps viendra lui ouvrir:

« Bill...

-Oui? Qu'est-ce que tu veux?

-J'ai soif...

-Ne bouge pas.. Gus, prend ma place. »

Bill joint le geste à la parole, laisse Nina au dessus de ses toilettes. Gustav ne sait pas comment s'y prendre. Après tout, il ne connaît pas cette Nina, il ne sait comment réagir, comme ELLE va réagir. Asseyant malgré tout d'être amical, il pose une main sur une des épaules de Nina. Aussitôt, ses tremblements cessent, aussitôt, elle se sent mieux.

Une main magique vient de se poser sur son épaule. Elle ne peut pas lever la tête, son mal de crâne ne l'autorise pas. Elle reste donc là, toujours à genoux... Devant un autel fort étrange.


Bill revient auprès d'elle pour lui apporter son verre d'eau. Elle boit, puis crache pour enlever ce goût infecte de sa bouche.

Gustav, quant à lui, retrouve sa timidité maladive, regardant ses mains, sans rien dire...

« Ça va mieux?

-Oui... Ça va mieux merci. »

TOC TOC TOC

Des coups violents se font retentir à la porte. Gustav trouve dans cette ironie du sort une excellente raison pour sortir de la salle de bain ,et laisser les deux autres... Seuls.


La porte s'ouvre sur Tobias, l'un des gardes du corps les plus importants et l'un des plus proches du groupe. Le garde du corps a ce qu'on peut dire « la gueule de l'emploie »:

Foutu comme une armoire à glace, avec un bon mètre 90, à côté le batteur n'est rien. Le pauvre est obligé de lever la tête s'il veut espérer regarder l'homme dans les yeux. De sa voix grave et rauque à en faire trembler le sol, Tobias s'étonne:

« Tiens! Toi aussi t'es au courant?

-Au courant de quoi?

-Ben tu sais bien... Si t'es là, c'est bien qu' tu sais pour le p'tit secret de Macky!

-Tu parles de Nina?

-Oui c'est ça... Nina. Il parait que j'suis le seul à le savoir! » dit-il très fière de lui. Tobias est là depuis le début. C'est quelqu'un de confiant, de sympathique et un bon confident. Avec lui, un secret est bien gardé:

« Que ce passe t-il Tobias? »

-Oui je voulais vous prévenir, Macky et toi, qu'une voiture d'ambulance est devant la grille... J'ouvre ou j'ouvre pas?

-Tu peux ouvrir Tobias. Ça doit être le docteur. »

Gustav se retourne vers Bill, qui venait de lâcher cette phrase, Nina dans les bras, comme si tout était normal.

Nina, quant à elle, au contraire n'est pas rassurée et très mal à l'aise. Ses jambes refusent toujours de lui obéir, d'où le faite que Bill l'a porte dans ses bras.

« Ma'mseille, Macky. »

La timidité envahit encore Nina. Déjà se retrouver à moitié paralysée et portée comme un enfant n'est pas une situation des plus indélicates, mais quand ce sont 3 paires d'yeux qui vous observent dans cette situation... C'est très gênant!

« Bill? Ça te dérangerait de me poser maintenant?

-Oh oui... Bien sûr »

En la déposant sur le lit, ses cheveux corbeau retombent sur son visage, cachant ses joues devenues rouges... Tout comme ce matin. Les yeux de Nina croisent ceux de Gustav, ils échangent tous deux un regard complice et amusé. Quant à Tobias... Il a disparu. Probablement partit chercher le médecin.



 

 

Commentaires

langegothik le 18-08-2009 à 21:24:38
et bien je peux te dire , chapeau bas , tu as une façon d'écrire magnifique et je t'encourage à continuer car tu sais tenir en haleine , bravo , bisous
xxtokio-hotel-fiction-xx le 07-07-2009 à 16:51:36
Tu t'y connais en marque de cigarette dis-donc lol.

J'aime bien Gustav, il doit être un bon copain =).

Cette chanson va très bien avec le chapitre... Je sais pas comment tu fais pour que ça soit complètement en parallèle.

Ah pas mal d'avoir fait référence à Molière XD.

Whouah, t'es pas mal renseigné, j'ai l'impression d'y être. Elle doit souffrir sérieux. Là c'est plus la peine de tout cacher...
calich le 02-07-2009 à 19:38:39
ton histoire est très prenante j'ai tout lu d'un coup tellement elle est prenante ...

j'adore

je voudrai savoir kan tu écrira la suite je suis si impatiente
marquise-sombre le 02-07-2009 à 10:06:02
Hello ma chère Marion

N'arrivant plus à dormir à cause de la chaleur, je me suis levée tôt ce matin et j'ai eu envie de me plonger dans ton histoire.Je l'ai lu jusqu'au dernier chapitre, c'est prenant, émouvant et bien écrit, on a envie de savoir la suite ! Et quelle bonne idée de mettre de la musique avec les chapitres, cela donne une certaine dimension.

J'espère que tu as pas mal de lecteurs.J'ai constaté que la plupart des gens n'aiment pas lire et c'est dommage car ils passent à côté de talentueux auteurs et de belles histoires, tant pis pour eux !

Au fait, as-tu lu mes poèmes, mes contes et mes nouvelles ? ils sont dans mon blog "ombelline".J'aimerais avoir ton avis...


Passes une agréable journée, ma belle, et gros bisous de mon compagnon et moi.


révérence de Marquise sombre
FictiOn-TOkiO-HOtel901 le 21-06-2009 à 20:59:02
Kikoo


La chanson va très très bien avec et la photo encore plus.

Gustav est adorable ! Je suis contente, ils ont l'air de s'entendre lui et Nina.

La pauvre, elle est dans un sale état. J'espère que cela va s'arranger. Parce que là c'est pas supportable pour elle.

Tobias à l'air d'un gros doudou ^^ XD. Super la comparaison . C'est coll que Bill ait pu se confier à lui. Et je comprends trop la gêne de Nina face à tout ce monde qui la regarde.


Vivement la suite ^^.


Bisous


Night